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La France enracinée

Communauté et communautarisme

Communauté et communautarisme

Depuis quelque temps déjà, le débat sur le communautarisme a été intégré par les médias. Loin de dénigrer la question du débat en lui-même, la question du communautarisme a largement été divisée en pour et en contre. Un débat d’idées ne se résume pourtant pas à être soit pour soit contre.
Si nous nous permettons quelques éclaircissements, c’est avant tout parce que le communautarisme a bien été mis en avant, fustigeant la communauté musulmane ou la communauté catholique (forcément intégriste aux yeux des médias grâce à David Pujadas et Caroline Fourest notamment), tandis que le débat sur la communauté n’a été que peu mis en exergue.

Nous sommes aujourd’hui dans ce que nous appellerions une bureaucratie (et même en allant plus loin une bureaucratie dont l’idéologie est techno-bureaucratique), distinguée par Max Weber, qui rappelle que tout groupe social s’organise en deux types fondamentaux, selon la distinction établie par Ferdinand Tönnies : la communauté (Gemeinschaft) et la société (Gesellschaft, dont le terme allemand renvoie aussi bien à la société civile qu’à la société commerciale).

Dans la communauté, les individus sont fortement intégrés à un tout social, et les valeurs affectives ou religieuses dominent, les liens sont très forts. Au contraire, dans la société, les individus s’associent dans le but d’obtenir la conciliation la plus favorable possible, et ce sont les valeurs matérielles qui dominent.

Vous remarquerez que les termes utilisés dans les médias font surtout état d’individu, de société, de société civile, mais très peu de communauté, pour aller directement au communautarisme.

C’est ici que la question de la communauté est importante, l’académicien Charles Maurras n’était pas anachronique, puisqu’il faisait déjà état à son époque de la question de la communauté nationale.

Si une communauté comporte des individus intégrés à un tout social, où les valeurs affectives et religieuses dominent, alors il n’y a pas de communautarisme musulman, mais bien une communauté à l’intérieur de la communauté nationale. La différence – et c’est là où l’on peut penser que le débat sur le communautarisme est biaisé – est que les Français à l’heure de la mondialisation, de l’hyperclasse et de la société de consommation et des médias ont perdu toute forme de communauté.

On peut peut-être en déduire qu’il n’y a pas de communautarisme de la part de quelques-uns mais bien perte du sens de la communauté, de la communauté nationale chez les Français, non pas de leur faute, mais bien par le fait que dans un monde régi par des valeurs matérielles, on accorde trop peu de place aux valeurs affectives ou religieuses, ce qui est d’ailleurs voulu par les « nouveaux clercs » de l’hyperclasse.

Une prophétesse matérialiste comme Caroline Fourest fustigera aujourd’hui les catholiques parce qu’ils se regroupent pour défendre les valeurs de la famille, en parlant de communautarisme catho-intégriste. C’est une erreur fondamentale, mais on ne peut pas lui en vouloir, venant d’un chantre du reductio at hitlerum. Complètement intégrée à la société (Gesellschaft), elle a perdu tout sens des valeurs affectives et religieuses que la communauté catholique conserve, et que la majorité des Français conserve aussi, car le Français (au-delà de toute coloration politique) est majoritairement conservateur dans ses principes.

Il n’y a pas de communautarisme, il y a mise en place de communautés à l’intérieur de la communauté nationale. On ne peut pas leur en vouloir de chercher à maintenir leurs principes et leurs traditions, c’est à nous de travailler à reformer la communauté nationale, tout en faisant attention, en effet, à ce que les communautés à l’intérieur de la communauté nationale ne soient pas une des origines principales de la déliquescence de cette dernière.

Dextra

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