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La France enracinée

Du rififi dans la police ou le paradoxe de la contestation policière

Du rififi dans la police ou le paradoxe de la contestation policière

Du jamais vu dans l’histoire de la Vème République, des policiers interpellent et insultent le Directeur général de la police nationale qui s’enfuit – comme un lâche pourraient penser certains. Ainsi vont les choses et le corps des policiers part en contestation, multipliant les manifestations de ras-le-bol alors même qu’ils ne disposent pas du droit de faire grève et avec une limitation de leur possibilité de manifester.

Si la police a de telles restrictions, cela peut s’expliquer par le caractère régalien de sa mission, interdiction qui s’applique aussi aux militaires. Cependant, le corps des policiers est l’un des plus syndiqués de France, et il y a encore peu, les CRS en déplacement ne sortaient pas du camion tant que leur délégué syndical n’avait pas fait un état des lieux de l’hôtel et qu’il approuve ou non. Ce droit syndical s’observe à la télévision car les policiers syndiqués sont les seuls à pouvoir s’exprimer en public sans avoir de blâme.

C’est la raison pour laquelle les policiers qui ont manifesté devant la Direction de la police nationale ont caché leur visage afin d’éviter les blâmes qu’ont pu avoir leurs premiers collègues qui ont manifesté en début de semaine, et qui à la suite d’une demande par le ministère, ont subi une enquête soit diligentée par l’inspection des services pour que la répression s’applique.
Faut-il rappeler à ces mêmes policiers que depuis le décret du 19 juin 2009 et l’article R. 645-14 du Code pénal, il est interdit pour toute personne « au sein ou aux abords immédiats d’une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage afin de ne pas être identifiée dans des circonstances faisant craindre des atteintes à l’ordre public ». Les vidéos prises par les journalistes montrent dès lors une crainte d’atteinte à l’ordre public. C’est le premier paradoxe de cette contestation qui ne serait plus permise pour des citoyens lambda, car dès lors qu’ils cacheraient leur visage, ils seraient en ligne de mire des policiers en civil au sein de la manifestation.

Second paradoxe, ces policiers qui doivent subir des conditions vraiment déplorables de travail à n’en pas douter sont aujourd’hui dans une situation de contestation à l’égard de leur autorité et à plus forte raison des gouvernants qui font fi de toutes leurs réclamations. Oui, mais au même moment, sont jugés en appel les huit camarades ouvriers de Goodyear qui risquent de la prison ferme. Alors pourquoi prendre en compte la contestation de policiers qui n’ont jamais pris en compte, et pire qui ont procédé à l’arrestation de ces ouvriers qui contestaient eux aussi leurs conditions de travail, l’absence même de travail dans le cadre d’une délocalisation. Si d’aucuns peuvent y voir une forme de haine, cela est totalement faux, mais nous pensons qu’il est important de rappeler l’adage « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse ».

Alors aujourd’hui, ces éléments de contestation montrent bien un signe supplémentaire d’une crise pouvant déboucher violemment dans la rue. D’ailleurs, l’une de leurs revendications tient aux effectifs, et de leur bouche même, en tant qu’ils sont en sous-effectif, ils ne se déplacent parfois même plus, ce qui nous ramène à un thème cher à Dextra qui concerne les nouvelles féodalités : des groupes criminels et violents peuvent ainsi agir face au retrait progressif de l’Etat, ici sur un domaine qui lui est normalement réservé, le monopole de la contrainte légitime.

Nous observons donc un Etat où les gouvernants ne s’occupent plus de la population, préférant mettre leur budget dans le sociétal ou le social, et ne s’occupent même plus de leur garde rapprochée qu’est la police – ce qui limite nous l’espérons une répression même temporaire à l’égard de nos camarades. Que serait un ministre sans son service de protection ? L’Etat dans sa bêtise ne prend plus cela en compte dans la mesure où il prépare 2017 et où tous les hauts fonctionnaires et hommes politiques actuels préfèrent nous laisser mourir pendant huit mois du moment qu’ils arrivent à se recaser avant la surprise de mai 2017. Mais, par un sursaut de conscience ou par instinct de survie, nos ploutocrates ont préféré la négociation à la confrontation, laissant tomber les sanctions disciplinaires : la peur du gros bourgeois homme politique se retrouvant sans protection face à la foule en colère a pris le pas sur son mépris constant de toute velléité de revendication.

Alors au final, les policiers ont-ils – non pas légalement – mais légitimement le droit de manifester ? Faire une manifestation de nuit avec une pancarte ne fera sans doute pas avancer les choses, d’autant plus que se plaindre du risque est liée à la fonction qu’ils exercent, puisqu’ils connaissent les conséquences dès qu’ils passent le concours pour finir policier. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont surarmés aujourd’hui avec des fusils mitrailleurs neufs, et qu’ils disposent donc d’un meilleur équipement à celui de l’Armée de Terre, alors même que pour une grande partie, la doctrine d’emploi ou formation pour utiliser cette arme n’a pas encore été faite…
La police doit appliquer un esprit de corps sur ces points-là doit être une réponse immédiate et effective. Ils doivent appliquer un esprit de sécession, car si c’est pour manifester puis croire les promesses faites et ne rien faire pendant X temps puis recommencer, autant ne rien faire du tout.

C’est à la police aujourd’hui de rappeler sa mission essentielle, protéger le Français de l’insécurité et des problèmes afférents, et non pas brimer toute volonté de s’exprimer librement quitte à arrêter un camarade ou briser le crâne d’un ouvrier. Nous ne sommes pas contre la police, nous sommes contre les missions assignées à la police. La répression politique est trop forte et nous exprimons une fois de plus notre solidarité avec les camarades de tous bords qui subissent le joug policier pour brimer leur liberté de parole.
Nous ne prenons donc pas fait et cause de leur mobilisation, nous prenons fait et cause de la liberté d’expression, de la liberté de circulation, de la liberté de réunion et de manifester qui nous est si souvent limitée et/ou enlevée. Nous constatons seulement qu’il est un peu tard pour se plaindre d’être bâillonné dans sa revendication alors que les Français le répètent inlassablement à chaque fois que la situation l’impose, et qu’ils se voient opposer la matraque en guise de réponse.

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