W Sombart : 1863-1941, économiste et sociologue allemand, figure de la 3eme génération de l’école historique allemande et de la Révolution conservatrice. Il base son étude de la vie économique et sociale sur la “psychologie historique” cad une prise en compte des mobiles psychologiques au même titre que l’influence des conditions historiques et celles du milieu social. 

Le bourgeois est composé de 2 livres. Le premier intitulé Développement de l’esprit capitaliste est une étude historique et sociale de la période pré-capitaliste en Europe, correspondant aux périodes allant jusqu’aux XIV/XVIe siècle selon les régions. “ L’homme pré-capitaliste, c’est l’homme naturel, […] l’homme qui ne court pas comme un affolé à travers le monde, ainsi que nous le faisons de nos jours, mais se déplace posément, sans précipitation ni hâte.”

L’intérêt de cette prise de recul historique est qu’il permet d’une part de définir les notions “d’esprit capitaliste” et les “vertus bourgeoises” (vertu au sens de force vitale) par ses opposés (l’esprit “seigneurial” exprimé par l’esprit de dépense et “l’esprit de la paysannerie” exprimé par une acceptation de l’ordre établi et une vision de travail qui a pour but de répondre aux besoins nécessaires à la vie uniquement) Il permet par ailleurs de décrire les premières organisations initiatrices de l’esprit d’entreprise au travers des organisations proto entrepreneuriales (expéditions militaires et grandes propriétés foncières). L’esprit d’entreprise est décrit comme la réunion des qualités du conquérant, de l’organisateur et du négociant. 

Par la suite, Sombart aborde la définition des “vertus bourgeoises” emplie du “Saint esprit d’ordre” et de la “morale des affaires”. Puis, selon la démarche propre à Sombart et à sa “psychologie historique”, sont abordés les développements de l’esprit capitaliste dans les différents états européens sous un regard biologique et ethnologique des caractères des différents peuples.

La fin du premier livre est consacrée à la description des oppositions de caractères entre le bourgeois de la première époque capitaliste (jusqu’au XVIIIe siècle) et l’homme économique moderne. Il y ressort une forme d’affection pour le premier pour ce qu’il a gardé en grande partie son âme et une sagesse d’homme pré-capitaliste.

Dans le second livre sont abordées “les sources de l’esprit capitaliste”. Elles sont d’ordre biologique, moral et social. Du point de vue biologique, sont abordés le tempérament d’entrepreneur et celui de bourgeois mais surtout les prédispositions ethniques des peuples d’Europe à ces natures. L’étude des forces morales par la suite tendent à apprécier l’influence de la philosophie antique et des religions catholique, protestante et juive dans la constitution de l’esprit capitaliste chez leurs adeptes et dans quelle mesure elles ont été un terreau favorable au capitalisme. Enfin, pour les conditions sociales, sont évoqués l’influence de l’État, des migrations, de la disponibilité de richesse sous forme de monnaie suite aux découvertes de mines d’or du Nouveau Monde et surtout l’influence du développement de la technique. Ce développement de la technique au XIXe a selon Sombart profondément modifié la hiérarchie des valeurs morales et fait prévaloir le matérialisme sur tout idéal. On y découvre une explication et une condamnation contre l’idéologie progressiste. 

La conclusion démontre que l’esprit capitaliste est une aspiration vers l’infini non contrôlée par l’homme. Sombart met en question cette perte de contrôle et y oppose la finitude du monde, abordant d’une certaine manière les questions écologiques et le mythe de la croissance permanente.