Près de 10 ans après le début de l’opération Serval devenue Barkhane quel est le bilan. 5100 soldats y sont déployés, Une cinquantaine de mort depuis le 2 janvier 2021.

Là-bas le bilan est mitigé voir assez négatif. C’est toujours le bordel et les djihadistes ont évolué. Ils ont adapté leur technique de combat. De plus et les armées locales le reconnaissent la formation est un échec elles ne pourraient en aucun cas s’en sortir seules.

A cela s’ajoute qu’aucun état ne veut combattre au côté de la France, dans une zone pourtant dite clé de voûte, indispensable au maintien de la paix. Sauf l’Estonie qui a doublé sa présence sur place passant de 50 à 95 personnes c’est dernières années. Et la Belgique qui a envoyé trois officier. Bref personne ne veut y aller car personne n’y voit d’intérêt. Ce manque de soutiens et bien une preuve que s’il n’y pas de bénéfice, l’armée n’est pas envoyée.

C’est donc un dossier à deux versants : l’un qui concerne la construction d’un état islamique dans le Nord du Mali, l’autre, moins évoquée mais pas moins importante qui concerne la présence envahissante d’Areva dans le pays. Car ce n’est pas un hasard si la plupart de ces otages sont des employés de la firme nucléaire française et ont été enlevés à Arlit en 2010. Car depuis l’indépendance du pays en 1960, des accords lient la France et le Mali pour cette exploitation qui dans les années 80 représentait 40 % de la production mondiale.

C’est grâce à ces accords négociés en son temps par Jacques Foccart, l’un des pères de la Françafrique, que la France peut ainsi se targuer de son indépendance nucléaire, basée sur l’exploitation du sous-sol africain.

La France n’y possède “aucun intérêt, elle est seulement au service de la paix”, assure le président François Hollande. Et pourtant derrière l’intervention française débutée le 11 janvier 2013 se cachent d’importantes préoccupations économiques. Car les pays limitrophes regorgent de ressources naturelles.

La première d’entre elles se trouve dans le sous-sol du Niger : l’uranium qui est le gros enjeu de la région. En effet, Areva exploite une mine à ciel ouvert et une autre, souterraine. Pour le géant français du nucléaire, l’endroit est hautement stratégique, car il en tire plus du tiers de sa production mondiale. Il le vend ensuite à des clients, à l’étranger ou en France. Ce minerai nigérien représente ainsi près de 20% de l’uranium consommé par les centrales nucléaires d’EDF. Areva est aussi installé plus au sud, sur la mine géante d’Imouraren depuis 2015. L’uranium y est d’autant plus précieux que très convoité. Sur place, les Français travaillent d’ailleurs dans des conditions très sécurisées, depuis l’enlèvement, en septembre 2010, à Arlit, de sept salariés d’Areva et d’une filiale de Vinci. Paris avait même envoyé une dizaine de réservistes des forces spéciales sur les sites du groupe. Autre ressource très prisée dans le Sahel : les hydrocarbures. Ils ont attiré deux autres multinationales françaises, Total et GDF Suez. Total est présent en Algérie depuis les années 1950 sans interruption et souhaite y investir davantage. Total est également présent en Mauritanie, car les sous-sols regorgeraient de pétrole. Depuis 2005, il y multiplie les opérations d’exploration. Pour GDF Suez, l’Algérie fait aussi partie des pays-clés, car le groupe y achète du gaz en quantité (12% de ses besoins). Et y extrait du Gaz depuis 2016. L’Union européenne s’intéresse par exemple de très près au gazoduc de 4.000 kilomètres qui devait relier en 2015 le Nigeria à l’Algérie pour alimenter l’Europe, le projet a pris du retard mais sera bientôt achevé.

C’est finalement une bataille pour le contrôle du sol du sahel. La question qui reste en suspens après ces exemples est pourquoi des jeunes pleins d’idéaux vont mourir au Mali pour que la stabilité d’Areva dans la région perdure. Surtout que le sentiments anti-intervention de l’armée dans ces régions est naissante lié à un bilan peu positif et à des bévues, comme bombarder un mariage de civil. Comment se battre hors sol, pour défendre l’intérêt d’une entreprise et d’un état gouvernés par l’argent est-il possible. Comme le disait un grand homme, Proximo, « Nous ne pouvons choisir l’heure de notre mort, mais nous pouvons décider comment aller à sa rencontre » A méditer chers amis militaire que nous connaissons tous.